Par Frédéric Lutaud
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mardi 20 juin 2017
Nous y sommes ! La gauche au pied du mur
jeudi 26 mai 2016
Un pouvoir illégitime
Par Frédéric Lutaud
Il faut prendre toute la mesure de la crise politique de ce quinquennat. On peut dire que la mandature de François Hollande aura fait perdre toutes illusions démocratiques à ceux qui en avaient encore et révélée la vraie nature du pouvoir qui n'est ni une dérive libérale ni une dérive autoritaire, mais bien plutôt la consécration des forces qui nous dirigent.
samedi 5 mars 2016
Ménage à gauche, ou l’éventualité d’une primaire
La situation politique critique que traverse la gauche n’est pas sans vertu pour l’avenir, c’est ce dont j’aimerai convaincre dans ce billet. Au milieu du chaos idéologique que suscitent la déchéance de nationalité, la déchéance des droits sociaux (autrement dit la loi El Khomri sur la réforme du code du travail) et la défiance généralisée vis-à-vis de partis politiques, il y a malgré tout quelques raisons d’espérer.
lundi 7 décembre 2015
La politique du désastre
Par Frédéric Lutaud
Voilà, nous y sommes. Le Front national est en mesure de diriger plusieurs régions de France. La peste brune est à nos portes. Je ne parle pas des milliers de Français qui ont voté FN par protestation mais de ceux qui demain vont siéger en nombre dans les Conseils régionaux. Quoi qu’il advienne au deuxième tour, c’est un jour sombre pour la gauche et tous ceux qui croient dans le progrès social. C’est la défaite de la pensée et la responsabilité en revient principalement au Parti socialiste. Ce Parti socialiste dont je fus membre du Bureau national pendant trois ans et où, avec mes camarades, nous n’avons cessé d’alerter la direction sur la politique irresponsable du gouvernement, de combattre la dérive libérale ahurissante incarnée par Valls et Macron. Mais rien à faire ! Ce que tout le monde pouvait prévoir après trois débâcles électorales, les patrons de Solférino ont préféré l’ignorer. Il fallait les entendre : « les Français ne comprennent pas la politique du gouvernement, il faut leur expliquer, c’est un problème de communication, pas un problème d’orientation politique ». Ils ont ainsi précipité le mouvement par lâcheté, par complaisance servile vis-à-vis du pouvoir, par aveuglement suicidaire avec prime à l’incompétence, mais surtout par démission devant tout ce qui représente un idéal de gauche. Avec, bien sûr, ce mépris condescendant que peuvent témoigner ceux qui sont en fonction tandis que vous n’êtes que dans l’opposition. Vous ne faites pas partie du sérail, vous ne participez pas aux basses manœuvres électorales. C’est précisément cette politique que nous avons refusée, car c’est la politique du désastre. Les attentats du 13 Novembre ne furent qu'une occasion supplémentaire à mobiliser l'électorat frontiste.
mercredi 2 décembre 2015
État d’urgence ou coercition d’État ?
Par Frédéric Lutaud
À peine remis de nos émotions du 13 Novembre, voici que de nouvelles violences s’abattent sur la population. Cette fois-ci ce ne sont plus des victimes prisent au hasard des terrasses des cafés ou dans des salles de concert mais des citoyens engagés pour la sauvegarde du climat ou des syndicalistes mobilisés pour la défense de leurs emplois. Bien sûr, les atrocités perpétrées par les terroristes sont sans commune mesure avec la répression qui s’abat sur les mouvements sociaux, mais la réponse de l’exécutif aux attentats parisiens inquiète au plus haut point.
À peine remis de nos émotions du 13 Novembre, voici que de nouvelles violences s’abattent sur la population. Cette fois-ci ce ne sont plus des victimes prisent au hasard des terrasses des cafés ou dans des salles de concert mais des citoyens engagés pour la sauvegarde du climat ou des syndicalistes mobilisés pour la défense de leurs emplois. Bien sûr, les atrocités perpétrées par les terroristes sont sans commune mesure avec la répression qui s’abat sur les mouvements sociaux, mais la réponse de l’exécutif aux attentats parisiens inquiète au plus haut point.
dimanche 29 novembre 2015
État d’urgence : quoi de neuf sous le ciel de la “sociale démocratie” ?
Par Frédéric Lutaud
La population commence à reprendre ses esprits. Après l’émotion suscitée par les attentats du 13 Novembre, une autre musique arrive à se faire entendre autre que celle des belligérants revanchards et sécuritaires. Le terrorisme djihadiste ne serait pas le simple produit d’un islam même « radical », alimenté par un État islamiste en guerre contre notre mode de vie occidental. Les principaux spécialistes de la question sont unanimes : les djihadistes lisent peu ou pas le Coran. « Aucun de ceux qui sont intervenus sur le sol français ne sont passés par une formation théologique de fond ou par une intensification progressive de la pratique religieuse ». La religion n’est qu’un prétexte à leur radicalisation. La plupart ne sont pas d’origine musulmane, mais issus d’une « jeunesse déclassée qui se sent rejetée, marginalisée, victimisée ». Une génération en rupture de ban prête à déverser la haine que lui inspire l’humiliation d’une vie précaire et sans avenir. La question sociale resurgit soudain sur le devant de la scène.
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jeudi 26 novembre 2015
Du suicide politique du PS aux représailles terroristes
Quel rapport y a t’il entre la politique de François Hollande et les attentats parisiens du 13 Novembre ? Aucun en apparence. Le Président aurait même été à la hauteur de la situation en décrétant la prolongation de l’état d’urgence et l’intensification des frappes aériennes sur Daesh. Si l’on en croit les sondages, la popularité de François Hollande a fait un bond de 10 points. On ne peut accuser le gouvernement d'avoir participé à l’invasion de la Libye par Sarkozy qui a déstabilisé la Moyen Orient et Villepin avait, en son temps, refusé de participer à l’invasion de l’Irak. La France n’a-t-elle pas rempli son devoir en soutenant l’Armée syrienne libre (ASL) lors du printemps arabe afin d’établir la démocratie ? A l’évidence, la politique étrangère du gouvernement ne peut être tenue pour responsable des représailles de Daesh. Les attentas abjectes perpétués sur notre territoire méritent une condamnation sans appel et d’ailleurs les reproches de la droite portent essentiellement sur un manque de fermeté vis-à-vis de la communauté musulmane radicalisée. Des critiques que s’est empressé d’étouffer François Hollande par la mise en place d’une politique sécuritaire ovationnée par le parlement. Cette lecture de la situation exonère le gouvernement de toute responsabilité dans la mécanique infernale qui a fait tant de victimes innocentes… et pourtant.
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lundi 16 novembre 2015
Refuser la rhétorique de guerre
Par Frédéric Lutaud
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jeudi 5 novembre 2015
Hollande, le libéral

Par Frédéric Lutaud
Terne et sans autorité, celui que les militants du PS surnommaient « Flamby » a fait bien du chemin. Aujourd’hui président de tous les français, il démontre une détermination sans faille à mettre en œuvre une politique qui a épousé les principes économiques du libéralisme. François Hollande se révèle un manipulateur hors-pair. Le petit technocrate de la cours des comptes a réussi son pari : faire carrière à gauche pour mieux servir à droite. Aussi, connait-il bien la gauche : deux fois Premier secrétaire du PS, divorcé de la candidate qui l’a précédé aux présidentielles, compagnon de route infructueux de Jospin… Bref, il sait comment lui parler, il en connait les aspirations, les contours ainsi que les travers et les turpitudes. Le Parti socialiste est un parti d’élus où tout se négocie avec des postes. Les cadres du parti majoritaire ont leur avenir entre les mains de la direction et on rentre plus vite dans le rang qu'on en sort quand il s'agit de perdre son gagne-pain. Hollande sous son apparente bonhomie ne connait que le rapport de force et la Ve République lui donne tout pouvoir.
mardi 27 octobre 2015
Inquiétudes autour des chiffres du chômage
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Frédéric Lutaud
mardi 20 octobre 2015
Cambadélis : le référendum du déshonneur
Par Frédéric Lutaud
Les résultats sont tombés, 251 327 votants pour le référendum du PS. 89,7% ont dit « oui » à l’unité de la gauche et des écologistes. Mais l’unité sur quoi ? Sur quel programme commun ? Pour proposer quoi aux français ? Bref, pour mettre en œuvre quelle politique ? Personne ne le sait et Cambadélis ne s’en soucie guère car il sait que la politique économique du gouvernement issu de ses rangs est irréconciliable avec les valeurs de la gauche. C’est dire le mépris dans lequel sont tenus les électeurs. D’ailleurs, une trentaine de fédérations du PS ont refusé de se mobiliser, ce que Cambadélis se garde bien de crier sur tous les toits.
jeudi 15 octobre 2015
La CGT aux avant-postes du progrès social en relançant la bataille pour les 32h
Par Frédéric Lutaud
Dans une France frappée par la crise, meurtrie par le
chômage de masse et trahie par un gouvernement qui s’était engagé à mener un
politique économique de gauche, un syndicat a décidé de repartir à l’offensive
pour le progrès social. Loin des revendications corporatistes, la CGT a décidé de faire campagne pour les 32h. Il faut rendre hommage à ce courage politique alors
que les organisations politiques ont pour la plupart déserté ce débat de fond
essentiel pour lutter contre le chômage de masse, mais aussi la précarité et l’exclusion
qui en découlent. Cette initiative, au moment même où la Suède teste la semaine de 30h avec succès, aurait dû être relayée par tous les médias. Elle
démontre une fois de plus que ce sont les travailleurs organisés qui sont le mieux à
même de défendre leurs intérêts. Car pour ceux qui
se préoccupent de la misère sociale de notre pays, la question du partage des
gains de productivité, de la durée légale du travail, rejoint celle de la
redistribution des richesses et reste un enjeu majeur du XXI siècle. Sans
partage du travail, pas de justice sociale, pas de transition écologique, pas de
sortie de crise.
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Frédéric Lutaud,
Partage du travail
lundi 6 juillet 2015
Alexis le grand
Il y a encore des politiques qui
ont rendez-vous avec l’histoire. Des hommes qui ne nous font pas désespérer de la classe politique, qui font mentir les cyniques, les
opportunistes, les arrivistes, et portent leur mandat avec courage et sens
de l’honneur. Alexis Tsipras fait la démonstration que nous ne
sommes pas condamnés à être trahis par la médiocrité servile de nos dirigeants.
La Grèce avait accouché d’un Papandréou qui, de reculades en démissions,
accepta tous les diktats de la Troïka et plongea son pays dans les affres de l’austérité
et de la misère. Aujourd’hui, la Grèce relève enfin la tête en la personne de son
premier ministre et engage un véritable bras de fer avec les institutions européennes.
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Frédéric Lutaud,
Grèce
vendredi 13 mars 2015
Intervention au Bureau national du 11 Mars
Par Frédéric Lutaud, membre du Bureau national pour la motion 4
Cher(e)s camarades,
J’ai une question à poser à ce Bureau national.
Les chiffres sont tombés.
D'un côté, on vient d’annoncer une d’augmentation des profits du CAC40 de 37 %. Cela dénote d’une vitalité certaine de la compétitivité de nos entreprises, si chère à notre gouvernement. Surtout quand l’on sait que les actionnaires des grands groupes accaparent 60 % des bénéfices des entreprises. C’était déjà 30,3 % d’augmentation des dividendes en France en 2014.
J’ai une question à poser à ce Bureau national.
Les chiffres sont tombés.
D'un côté, on vient d’annoncer une d’augmentation des profits du CAC40 de 37 %. Cela dénote d’une vitalité certaine de la compétitivité de nos entreprises, si chère à notre gouvernement. Surtout quand l’on sait que les actionnaires des grands groupes accaparent 60 % des bénéfices des entreprises. C’était déjà 30,3 % d’augmentation des dividendes en France en 2014.
Nous savons que les grands groupes produisent 50 % du PIB français et emploient 70% de la masse salariale globale par le jeu de leur filiales, car seuls 12,5 % des actifs travaillent dans des PME indépendantes des grands groupes.
De l’autre côté, le pouvoir d'achat enregistre une baisse de 0,4 % selon l’INSEE.
L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES), quant à lui, vient de publier une étude qui nous explique que le budget nécessaire à une vie décente a été établi à 1 571 € pour une personne dans un logement du parc privé et 1424 € dans le public. Autrement dit, le SMIC net, inférieur à ces sommes, ne permet pas la dignité sociale.
Le chômage explose et les inégalités se creusent dans une France en chemin vers les 10 millions de pauvres.
Alors, ma question est la suivante : comment allons-nous convaincre nos électeurs de voter pour nous ? Pour un parti dont est issu un gouvernement qui avait promis "le redressement dans la justice".
Le Front national a beau jeu de se revendiquer de l’égalité républicaine quand la gauche ne remplit pas ses engagements. Nous ne combattrons pas le Front national avec des indignations mais par des avancées sociales. C’est l’abstention qui fait progresser le score de l’extrême-droite et c’est la colère des populations qui nous sanctionne dans les urnes et peut être bientôt dans la rue ?
Colère légitime quand le montant total des 500 plus gros patrimoines français a augmenté sur l'année 2014 de 58 milliards d'euros pour atteindre 390 milliards, alors qu'une cure budgétaire de 50 Milliards est imposée à la dépense publique. Tandis que la France compromet une taxe sur les transactions financières qui pourrait lui rapporter 36 milliards d’euros. Tandis que la loi Macron introduit la notion de secret des affaires consacrant le fait que le droit des actionnaires prime sur celui des salariés et de la société tout entière. Que les appels d'offre public ont diminué de 60 %. Que les aides financières au maintien de la production biologique ont baissé de 25%. Que l'Etat programme son désengagement dans le financement des conservatoires de musique, etc.
Bref, expliquez-moi comment, malgré le courage des militants mobilisés sur le terrain, nous allons convaincre les électeurs de voter pour nous et éviter la débâcle comme aux Municipales et aux Européennes ? Comment enrayer le déclin du PS si le gouvernement ne change pas de politique ?
De l’autre côté, le pouvoir d'achat enregistre une baisse de 0,4 % selon l’INSEE.
L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES), quant à lui, vient de publier une étude qui nous explique que le budget nécessaire à une vie décente a été établi à 1 571 € pour une personne dans un logement du parc privé et 1424 € dans le public. Autrement dit, le SMIC net, inférieur à ces sommes, ne permet pas la dignité sociale.
Le chômage explose et les inégalités se creusent dans une France en chemin vers les 10 millions de pauvres.
Alors, ma question est la suivante : comment allons-nous convaincre nos électeurs de voter pour nous ? Pour un parti dont est issu un gouvernement qui avait promis "le redressement dans la justice".
Le Front national a beau jeu de se revendiquer de l’égalité républicaine quand la gauche ne remplit pas ses engagements. Nous ne combattrons pas le Front national avec des indignations mais par des avancées sociales. C’est l’abstention qui fait progresser le score de l’extrême-droite et c’est la colère des populations qui nous sanctionne dans les urnes et peut être bientôt dans la rue ?
Colère légitime quand le montant total des 500 plus gros patrimoines français a augmenté sur l'année 2014 de 58 milliards d'euros pour atteindre 390 milliards, alors qu'une cure budgétaire de 50 Milliards est imposée à la dépense publique. Tandis que la France compromet une taxe sur les transactions financières qui pourrait lui rapporter 36 milliards d’euros. Tandis que la loi Macron introduit la notion de secret des affaires consacrant le fait que le droit des actionnaires prime sur celui des salariés et de la société tout entière. Que les appels d'offre public ont diminué de 60 %. Que les aides financières au maintien de la production biologique ont baissé de 25%. Que l'Etat programme son désengagement dans le financement des conservatoires de musique, etc.
Bref, expliquez-moi comment, malgré le courage des militants mobilisés sur le terrain, nous allons convaincre les électeurs de voter pour nous et éviter la débâcle comme aux Municipales et aux Européennes ? Comment enrayer le déclin du PS si le gouvernement ne change pas de politique ?
jeudi 26 février 2015
Intervention au Bureau national du 24 Février
Par Frédéric Lutaud, membre du Bureau national pour la motion 4
Chers Camarades,
Alain Bergougnoux nous explique que le congrès sera un
moment de clarification de notre ligne politique. Espérons-le. Mais l’hémorragie
militante dans les rangs du Parti socialiste et la sanction dans les urnes de
notre électorat devraient déjà nous inquiéter sinon nous interroger sérieusement.
Pour ce qui est de la « discipline collective » et
de la « responsabilité » demandées par note Premier secrétaire,
celles-ci n’ont de valeur que si elles sont partagées par tous. Et c’est peu
dire que nous avons un devoir de responsabilité devant nos militants et nos
électeurs. Nous avons fait la promesse d’un « redressement dans la justice
sociale » et que constatons-nous ? Les inégalités n’ont jamais été
aussi fortes, les dividendes explosent, le patrimoine des 500 plus grosses fortunes a encore augmenté pour
atteindre 390 Mds €. La France compte 13 milliardaires de plus que l’an
dernier. Tandis que la dernière étude en date du Secours Populaire nous
explique que « de plus en plus de Français en sont réduits à survivre ».
Cela en pleine crise et sous un gouvernement socialiste.
Le chômage, dont François Hollande a dit qu’il serait jugé sur
ses résultats en la matière, atteint un niveau record. Nous avions alerté dès
le début sur une politique de l’offre qui ne pourrait qu’aggraver la situation. Nous avons lancé un appel au Bureau national réunissant 40 % de ses
membres et demandant un infléchissement de la ligne politique. Nous avions prévenu
que le MEDEF ne jouerait pas le jeu des contreparties. A l’époque Harlem Désir nous expliquait qu’il
était trop tôt pour évaluer les effets du « pacte de responsabilité ».
Deux ans et demi plus tard, c’est un désastre social qui pousse les plus désespérés
dans les bras du Front national.
Sur la loi Macron, souvenez-vous des propos de François
Hollande : « Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos
dominical, c’est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de
leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y
veillerai ! ». Ce reniement à lui tout seul illustre la dérive de
notre politique. Comme dit Pierre Joxe, la loi Macron est une « déconstruction
du droit social » et va « contre notre histoire ».
Aujourd’hui, c’est le 49-3 pour nous imposer cette loi en
contradiction totale avec nos engagements. François Hollande en 2006 - toujours
lui - n’avait pas de mot assez dur pour condamner cette procédure : « une
brutalité, un déni de démocratie ». Et le premier ministre Manuel
Valls nous rappelait en Juin dernier que « la menace du 49-3 n’a jamais
fait partie de notre culture ».
Alors où est la discipline, la première que nous devons à
nos électeurs, autrement dit : le respect de nos engagements ? Un
respect qui consiste à faire en sorte que les promesses n’engagent pas
seulement ceux qui les écoutent mais d’abord ceux qui les formulent.
Heureusement que nous avons des parlementaires qui rappellent à l’exécutif ses
engagements devant les Français et le sens de nos responsabilités. Cela doit-il s’accompagner
de sanctions pour ceux qui font preuve de courage et de vigilance, ou bien le Parti socialiste
doit-il peser de tout son poids pour offrir une alternative à une politique qui
nous emmène dans le mur ?
jeudi 12 février 2015
Intervention au BN du mardi 10 février
Par Fédéric Lutaud
membre du Bureau national M4 et signataire de la Contribution Commune
membre du Bureau national M4 et signataire de la Contribution Commune
Je
ne sais pas comment il convient d'appeler la politique du gouvernement « sociale
démocratie » ? , « social libéralisme » ? , « socialisme
de l’offre » ?
Une
chose est sûre, c’est que dans cette salle nous partageons tous les mêmes
valeurs, les valeurs républicaines qui sont "liberté, égalité fraternité".
Faut-il encore accorder nos paroles et nos actes :
Liberté
de choisir son projet politique : ce fut en 2012 celui du Bourget. Souvenez-vous,
c’était la promesse d’un « redressement dans la justice ». Pourtant la
concentration des richesses n’a jamais été aussi indécente. Et les dividendes explosent en pleine crise.
Égalité : les inégalités se creusent. De plus en plus de Français en son
réduit à survivre.
Fraternité : c’est le recul des protections sociales avec l’allongement des cotisations
retraite, des français qui n’arrivent plus à se soigner, à se loger – 24 % des SDF travaillent – et le chômage ne cesse d’augmenter, source
d’exclusion pour les millions de salariés.
Bref,
ce bilan invalide tout ce que le gouvernement a pu faire de positif depuis que
François Hollande dirige le pays. Alors Marine Le Pen a beau jeu de dire UMPS
car au final le rythme du chômage est le même que sous Sarkozy : 1000
chômeurs de plus par jours. Ne soyons pas surpris que certains électeurs se tournent
vers ceux qu’ils n’ont pas essayés. Et le parti qui n’a pas exercé le pouvoir,
c’est le FN. Surtout depuis qu’il s’est acheté une respectabilité de façade auprès
des médias.
mercredi 28 janvier 2015
Intervention sur la Grèce au Bureau national du 27 Janvier
CherEs camarades,
Je ne reprendrai pas les propos de ceux qui ont parlé avant moi, mais il revient au Parti socialiste d’accompagner cette séquence historique en Europe que représente la victoire de Syriza.
Je voudrais ajouter que c’est la première bonne nouvelle depuis des mois, et il faut s’en réjouir sans bouder notre plaisir. La gauche accède au pouvoir en Europe avec un programme de gauche : augmentation des salaires, création de 300 000 emplois dans le privé et le public, annulation des douloureuses réformes du Code du travail des dernières années (je ne suis pas sûr que la loi Macron serait la bienvenue en Grèce).
Mais surtout, Syriza refus de payer cette dette indigne qui étrangle le pays. Nous savons tous la responsabilité de Goldman Sachs, qui a camouflé la dette de la Grèce, puis parié sur sa faillite. Alexis Tsipras n’a pas l’intention de rembourser les banques au lieu de nourrir les populations. Nous ferions bien de nous en inspirer, car un audit citoyen a démontré que 59 % de notre propre dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs. Il serait temps de faire le ménage aussi chez nous.
Alors bien sûr, Alexis Tsipras ne dit pas qu’il ne remboursera pas la dette. Ça ne passerait pas. Il s’exprime autrement : il veut « collaborer et négocier » pour « une réduction significative de sa valeur. » Je pense que tout le monde aura compris.
Bref, nous savons très bien que cette dette, comme la nôtre, ne sera jamais remboursée. La masse monétaire étant adossée à la dette publique et privée cela signifierait un effondrement des liquidités.
Il nous faut donc monétiser la dette. C’est la seule solution pour sortir rapidement de la crise. D’ailleurs à ce sujet, j’en profite pour souligner un événement peut-être aussi important que celui qui vient de se produire en Grèce, Mario Draghi va injecter 1140 milliards en rachetant une partie des dettes sur le marché secondaire, c’est-à-dire auprès des banques.
C’est bien la confirmation qu’une telle approche par la BCE est possible. Mais allons jusqu’au bout, il nous faut monétiser la dette publique, et nous libérer de la tutelle des marchés financiers. Arrêtons de verser des intérêts inacceptables au détriment de nos investissements d’avenir.
Avec la Grèce, nous avons maintenant un allié pour commencer à inverser le rapport de force en Europe. Si nous menons une politique courageuse, il y a fort à parier que d’autres pays nous rejoignent.
Libellés :
Frédéric Lutaud,
Grèce
samedi 17 janvier 2015
Intervention au Bureau national du 13 Janvier
Par Frédéric Lutaud
Membre du Bureau national du Parti socialiste pour la motion 4
"Ne perdons pas de vue que le chômage
de masse et l’exclusion font le lit
des extrémistes de tous bords."
Cher(e)s camarades,
L’émotion qui nous étreint ne doit pas nous faire oublier une lecture politique,
économique et sociale de la situation. C’est notre devoir, c’est la responsabilité
du Parti socialiste. Quand la misère progresse, une frange de la population se
radicalise. C’est ce à quoi nous assistons : montée du Front national et exacerbation
des fanatismes religieux. Nationalisme xénophobe et fondamentalisme antisémite
sont les deux faces d’une même pièce : le repli identitaire.
Bien sûr, il y a des raisons géopolitiques à ces attentats. Je ne
reviendrai pas sur l’Afghanistan, le pillage de l’Irak, la Syrie, Daesh, les conséquences
de la politique internationale américaine en général. Mais nous avons de lourdes
responsabilités sur notre territoire :
- 800 000 chômeurs de plus depuis que François Hollande est au
pouvoir.
- 82% de la population gagnent à peine plus que le Smic.
- Les salaires sont anémiques.
- 24% des SDF travaillent.
- La dernière étude du Secours populaire témoigne que « de plus en
plus de français en sont réduits à survivre ».
Il faut comprendre que la courbe de la radicalisation suit la courbe de
la paupérisation. Acceptons de nous interroger sur nos choix politiques. Ces banlieues
que nous avons abandonnées ne sont pas par hasard des foyers où les esprits les
plus fragiles se font manipulés. Ceux qui ont été recrutés pour ces attentats
ne viennent pas de nulle part, nous connaissons les quartiers en difficulté où
ils ont grandi, la délinquance à laquelle ils se sont livrés, les prisons qu’ils
ont fréquentées. Le fanatisme religieux n’est pas le privilège des classes
défavorisées – ce serait trop simple – car nous vivons une crise sociale qui s’accompagne
d’une crise morale généralisée. Aussi, la laïcité est un rempart bien fragile face aux
dérives communautaires quand l’ascenseur social ne fonctionne plus. Aucune école,
aucune prison ne pourra nous protéger du désespoir des populations frappées par
les inégalités sociales.
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Charlie,
Frédéric Lutaud,
PS
dimanche 7 décembre 2014
Intervention au Bureau national du 2 Décembre
Par Frédéric Lutaud, membre du Bureau national
"Les vieilles recettes libérales ne marchent pas. Le chômage de masse est maquillé par du temps partiel, la précarité et la déflation salariale. Est-cela que nous voulons pour notre pays ?"
Je m’associe complètement à votre inquiétude relative à la
loi Macron. Je ne vais pas répéter ce qu’on dit avant moi mes camarades. Je ne
passerai pas en revue tous les articles de cette loi que nous ne connaissons pas encore dans leur version définitive. Mais une chose est certaine, l’esprit dans lequel
elle est rédigée n’est pas fait pour nous rassurer.
Je rappellerais juste que nous avons dénoncé en 2009, sous
Sarkozy, la loi Mallié élargissant les possibilités d’ouverture des commerces
le dimanche. Ce n’est pas pour la voir revenir en force en ouvrant la voie au
travail 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 à l’américaine.
Pas plus que l’extension du travail de nuit ; les
attaques contre les conseils de prud’hommes, l’inspection et la médecine du
travail ; la suppression des seuils sociaux, de la visite médicale périodique
des salariés, etc.
Nous constatons une accumulation de mesures libérales qui
sont des attaques directes au droit du travail.
Nous nous félicitons donc qu’un mémorandum du Parti socialiste
s’oppose à plusieurs titres au projet d’Emmanuel Macron. Ce sera d’ailleurs
l’occasion de mesurer l’écart entre nos valeurs et nos actes, car dans la charte
des socialistes, il est dit que nous voulons « le bon emploi, l'amélioration
des conditions de travail (organisation, répartition, durée, accès). cela
suppose des droits des salariés renforcés... ». Nous disons aussi vouloir « développer
et moderniser l'Etat protecteur... » Il serait bon de le rappeler dans
note mémorandum.
mardi 25 novembre 2014
Intervention au Bureau national du 25 Novembre
Par Frédéric Lutaud, membre du Bureau national pour la motion 4
CherEs camarades,
Je tiens d’abord à saluer l’initiative des parlementaires en faveur de la reconnaissance officielle de l’Etat Palestinien. Je voudrais juste préciser, pour répondre à l’intervention de Jean-Marc Germain, que c’est aussi la meilleure réponse que nous pouvons apporter au sentiment d’insécurité exprimé par la communauté juive de France. Car c’est la seule façon de mettre un terme à l’importation du conflit Israélo-Palestinien et à ses conséquences sur notre territoire.
Par ailleurs, nous aimerions avoir des éclaircissements, sinon des explications concernant les déclarations récentes de notre ministre de l’économie.
Après avoir fait l’éloge des réformes Schröder dont aurait bénéficié son successeur Angela Merkel, voici que celui-ci souhaite « assouplir » les 35h qui fut la mesure qui créa le plus d’emplois en France. Faire travailler plus longtemps ceux qui ont déjà du travail alors que tant de chômeurs en cherchent nous paraît plus qu’inopportun.
Je tiens d’abord à saluer l’initiative des parlementaires en faveur de la reconnaissance officielle de l’Etat Palestinien. Je voudrais juste préciser, pour répondre à l’intervention de Jean-Marc Germain, que c’est aussi la meilleure réponse que nous pouvons apporter au sentiment d’insécurité exprimé par la communauté juive de France. Car c’est la seule façon de mettre un terme à l’importation du conflit Israélo-Palestinien et à ses conséquences sur notre territoire.
Par ailleurs, nous aimerions avoir des éclaircissements, sinon des explications concernant les déclarations récentes de notre ministre de l’économie.
Après avoir fait l’éloge des réformes Schröder dont aurait bénéficié son successeur Angela Merkel, voici que celui-ci souhaite « assouplir » les 35h qui fut la mesure qui créa le plus d’emplois en France. Faire travailler plus longtemps ceux qui ont déjà du travail alors que tant de chômeurs en cherchent nous paraît plus qu’inopportun.
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