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mercredi 28 juin 2017

Cette crise qui ne profite qu'aux riches


Les 500 Français les plus riches sont encore plus riches

par Olivier Bénis@OlivierBenis

Le classement annuel Challenges des 500 fortunes de France confirme que leur patrimoine se porte de mieux en mieux. Celui des dix premiers a même été multiplié par 12 en 20 ans.

lundi 10 avril 2017

« Les tensions de notre société naissent dans le refus de voir la situation de domination des catégories aisées ».



Entretien avec Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités | 5 avril 2017

Les diplômés ont-ils pris en otage le discours sur les inégalités au détriment des classes populaires ?

Alors que l’éducation supérieure devient l’atout primordial dans une économie de la connaissance, ce poids culturel est comme nié, ou à tout le moins minoré, au profit d’autres thématiques plus consensuelles, en particulier le déclassement des classes supérieures. Sans nier ces préoccupations, Louis Maurin invite à prendre du recul avec un discours qui risque de rendre invisibles des pans bien plus larges de la société française.

samedi 25 février 2017

La crise est un scandale, car l’argent coule à flots

Par Matthieu Le Crom

Bien avant 2008 et la « crise des subprimes », le terme était rentré dans l’imaginaire collectif. C’est comme ça, c’est la crise. Il faut se serrer la ceinture, c’est la crise. Et puis merde à la fin, c’est la crise.

Pourtant, pour les millionnaires et les milliardaires, en passant par les gros actionnaires, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le fossé a rarement été aussi grand entre la base de la population, paupérisée, et le haut de la pyramide qui se gave comme jamais. Qu’on soit de gauche, de droite ou d’ailleurs, difficile de justifier les inégalités du monde actuel.



mercredi 6 janvier 2016

En Grande-Bretagne, les grands patrons ont gagné un salaire moyen en moins de 24 heures

Par Eric Albert (Londres, correspondance) | LE MONDE ECONOMIE | 06.01.2016
Vingt-deux heures de travail peuvent rapporter gros outre-Manche. Mardi 5 janvier en fin de journée, moins de deux jours après leur retour au bureau, les grands patrons britanniques avaient ainsi gagné un salaire équivalent au revenu moyen annuel de leurs concitoyens.

mercredi 26 mars 2014

La richesse plus que le travail

Par Paul Krugman | mardi 25 mars 2014

Nous sommes en chemin vers un "capitalisme patrimonial", dans lequel les hautes sphères de l’économie ne sont pas seulement dominées par la richesse, mais également par les richesses héritées, et dans lequel sa naissance compte davantage que ses efforts ou ses talents.

ll semble sûr de dire que "Le Capital au vingt et unième siècle", l’ouvrage titanesque de l’économiste français Thomas Piketty sera l’un des ouvrages d’économie les plus importants de l’année – et peut-être de la décennie.

mercredi 19 mars 2014

Royaume-Uni: cinq familles sont plus riches que 20% du pays (et c'est pire en France)



Les cinq plus grosses fortunes du pays possèdent plus que les 12 millions d'habitants les plus pauvres, pointe une étude publiée par l'ONG Oxfam lundi. L'écart est encore plus fort en France. 


A elles cinq, elles possèdent plus que 12,6 millions d'habitants les plus défavorisés du Royaume-Uni. Outre-Manche, le poids des plus grosses fortunes va croissant et le fossé entre elles et le reste de la population va croissant, pointe l'ONG Oxfam dans une étude publiée sur son site lundi. 

Dans le détail, Oxfam montre que les 0,1% les plus riches du pays ont vu leurs revenus grimper quatre fois plus vite que les 90% les plus pauvres.  

dimanche 16 mars 2014

L'inégalité du partage des richesses mondiales

Pourquoi le chômage concerne (presque) tout le monde


A force de se focaliser sur la pente de sa courbe, on en finirait presque par oublier que le chômage est non seulement un problème pour ceux qui le vivent, mais également pour l'ensemble de la société, fonctionnaires et entreprises compris.

Jamais, dans son histoire, la France n'avait connu un nombre de chômeurs aussi élevé. Et ce chômage n'est pas une simple courbe, une statistique abstraite. Il a de nombreux effets délétères sur la société et sur la prospérité commune. Ces effets concernent en premier lieu les 3,3 millions de personnes de la catégorie A, qui n'ont eu aucune aucune activité salariée le mois précédent, donc aucun revenu salarié, et dont certains, notamment les plus jeunes, n'ont pu bénéficier d'aucune allocation compensatoire. A ce chiffre il faut ajouter les presque 2 millions de chômeurs qui ont pu bénéficier d'une activité réduite, ou les presque 300 000 personnes qui sont dispensées de recherche d'emploi pour cause de formation ou de stage. Pour toutes ces personnes, le chômage représente à la fois une perte de revenus, une situation professionnelle précaire qui leur interdit de se projeter dans l'avenir, et conduit parfois à la désocialisation. Au delà de ces effets immédiats, le chômage se traduit également par une perte future. L'absence d'emploi implique moins de cotisations et donc une moindre pension de retraite plus tard, tandis que la réinsertion professionnelle sera d'autant plus difficile que les « trous » dans le CV seront vus avec suspicion par de futurs employeurs.


lundi 10 mars 2014

Les distributions de dividendes plombent l’investissement des entreprises

Christian Chavagneux | Lundi 10 mars 2014
Rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques et rédacteur en chef de la revue L’Economie politique. Il débat tous les samedis matins sur France Inter dans l’émission "On n’arrête pas l’éco". Il a obtenu le prix 2012 du meilleur article financier. 

Les résultats du CAC 40 pour 2013 soulignent encore une fois combien le coût du capital pèse sur le tissu productif français : avec des profits en baisse de 8 %, les grandes entreprises augmentent leur distribution de dividendes de 6 %, au détriment de l’investissement.

En 2013, les entreprises du CAC 40 ont réalisé 48 milliards d’euros de profits, en diminution de 8 % par rapport à 2012. La croissance en panne dans la zone euro, le ralentissement des pays émergents, l’appréciation de l’euro et des dépréciations d’actifs se combinent pour expliquer ces moins bonnes performances.

mercredi 29 janvier 2014

Un capitalisme qui avantage toujours plus les dividendes et la rente


L'Insee publie ce mercredi un dossier sur « trente ans de vie économique et sociale ». On y découvre la formidable montée en puissance d'un capitalisme qui avantage la rente et les dividendes servis aux actionnaires.

C’est un ouvrage remarquable que publie ce mercredi 29 janvier l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) : pour la première fois, il présente et met en forme des séries statistiques sur une longue période, ce qui permet d’appréhender – c’est le titre du document – « trente ans de vie économique et sociale ». Agrémenté d’innombrables graphiques, le travail des statisticiens permet de cerner les mutations profondes du capitalisme français ces trois dernières décennies et d’appréhender les fortes inégalités qu’elles ont charriées. Avec à la clef, notamment, un partage des richesses qui avantage de plus en plus le capital au détriment du travail et qui pousse à une véritable explosion des dividendes servis aux actionnaires.


dimanche 26 janvier 2014

« Il faut réduire la durée collective du travail pour aller vers un plein-emploi solidaire »



La pauvreté a augmenté parmi les plus jeunes et les plus âgés, entre 2002 et 2008. D’après l’Insee, elle a fait un bond de 32 % chez les 18-29 ans [1] et de 27 % chez les 60 ans et plus. Dans le même temps, elle a baissé de 6 % chez les 40-49 ans.
Pour l’économiste Pierre Concialdi, les jeunes et les seniors sont victimes de la situation dégradée du marché du travail et de la tendance plus générale à la hausse des inégalités, notamment entre revenus du travail et du capital. Une situation aggravée par les politiques publiques, qui ne s’arrangera que si le gouvernement opère un virage important.

vendredi 24 janvier 2014

Les trois coeurs de la crise battent encore


Les trois causes profondes de la crise sont toujours là : endettement excessif, montée des inégalités, ralentissement de la productivité. Elle est donc loin d'être finie, même si les plus gros chocs sont sans doute derrière nous.

Sortons-nous enfin de la crise ? Il est impossible de répondre à cette question en suivant seulement les courbes de la production ou du chômage et du moral. Une tempête économique et financière violente reflète toujours, au-delà du cycle économique classique, des changements profonds. Il faut aller voir le cœur de la crise pour savoir s'il bat encore. Ou plutôt les trois cœurs de cette crise, la plus impressionnante depuis près d'un siècle.

Le premier coeur est, bien sûr, la dette, comme dans les années 1930. A la fin des années 1990, les entreprises s'étaient trop endettées pour acheter les pépites du Web. Après l'éclatement de la bulle Internet, en l'an 2000, les autorités monétaires américaines ont ramené à un très bas niveau les taux d'intérêt à court terme. Les particuliers, mais aussi les banques, ont alors commencé à se surendetter à leur tour, aux Etats-Unis, en Espagne, en Irlande et dans bien d'autres pays, jusqu'à l'explosion de 2007-2008. Les prêteurs ont alors compris qu'ils avaient trop prêté. L'arrêt brutal du crédit a provoqué un retournement violent de l'activité. La dette publique a pris le relais de la dette - un mouvement habituel, mais cette fois-ci d'une ampleur sans précédent en temps de paix. On a alors découvert que certains Etats, comme la Grèce, avaient abusé de la dette bien avant la crise.

mercredi 22 janvier 2014

Le revenu maximal : une nécessité

Pierre Concialdi, chercheur à l'Institut de recherches économiques et socialesAlternatives Economiques n° 331 - janvier 2014

"En fixant, par exemple, le niveau de revenu "nécessaire" au niveau des seuils usuels de pauvreté, on définit alors la capacité contributive comme la partie du revenu qui excède ces seuils". 

L'idée d'un revenu maximal fait son chemin, à juste titre. Sur le principe, refuser cette idée revient en effet à admettre qu'un petit groupe d'individus - à la limite un seul - pourrait accaparer l'ensemble de la richesse produite. Ce qui aboutit à nier la possibilité pour les autres membres de la société de disposer des ressources les plus élémentaires d'existence. On ne peut donc guère récuser le principe d'un revenu maximal. Sauf à accepter, voire à encourager, la croissance indéfinie des inégalités et de la pauvreté.

La limitation des écarts de salaire et la fiscalité sont les deux principaux outils permettant de concrétiser cette idée. Les opposants à des mesures fiscales agitent l'idée d'un prélèvement qui serait "confiscatoire". En mobilisant ce vocabulaire, ces opposants ne font en réalité que marteler une tautologie. Par définition, tout prélèvement ampute en effet les revenus et en "confisque" une partie au profit de la collectivité. Toute la question est de savoir à partir de quel niveau de revenu s'effectue ce prélèvement et si cet effort est également réparti.