par Clément Fontan,
le 24 février
Selon Clément Fontan, la Banque centrale européenne a
outrepassé ses prérogatives et a, sans contrôle démocratique, traité de manière
trop différenciée l’aide qu’elle apporte aux États et celle qu’elle alloue au
système financier.
En l’espace de quatre jours, l’Union Européenne a traversé
un nouvel épisode marquant d’une crise longue maintenant de cinq ans. Peu après
l’annonce d’un programme dit de Quantitative Easing (QE) (assouplissement
quantitatif) le 22 janvier 2015 par Mario Draghi, le président de la Banque
Centrale Européenne (BCE) [1],
le parti de gauche radicale Syriza remportait le 25 janvier les élections
législatives grecques avec une avance très confortable sur ses principaux
opposants. Étant donné que les traités européens confinent la responsabilité de
la BCE à la politique monétaire et l’isolent des pressions politiques en lui
conférant un très haut niveau d’indépendance, on pourrait s’attendre à ce que
rien n’unisse l’annonce du QE à Francfort et les résultats électoraux à
Athènes. Pourtant, les liens sont étroits : le nouveau gouvernement grec
d’Alexis Tsipras doit prendre en compte sa dépendance financière envers la BCE
et cette dernière doit se préoccuper des risques que la crise grecque peut
faire peser sur la stabilité financière de la zone euro. Cette porosité des
enjeux explique les rencontres répétées et les multiples signaux envoyés par
voie de presse interposée entre les nouveaux dirigeants grecs et Mario Draghi
sous forme de « partie de poker » ou de « chicken game »
selon les expressions journalistiques consacrées [2].
