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dimanche 7 décembre 2014

L'impasse Schröder


Par Guillaume Duval - décembre 2014

Un rapport conjoint des économistes Henrik Enderlein et Jean Pisani-Ferry, des propositions communes des ministres de l'Economie…, le "couple franco-allemand" est de retour. Au cœur de cette relance, un "deal" où l'Allemagne ferait quelques efforts supplémentaires pour soutenir sa demande intérieure, notamment en investissant dans des infrastructures dégradées, et se montrerait indulgente vis-à-vis du retard de la France à maîtriser ses déficits publics. En échange de quoi, Paris s'engagerait sur la voie des "réformes structurelles", le mot-valise utilisé en Europe pour signifier un recul de la protection sociale, la facilitation des licenciements et la baisse des salaires réels. A la base de ce deal, figure l'idée, partagée à Paris et à Berlin, que ce sont les réformes de ce type menées par le chancelier Gerhard Schröder au début des années 2000 qui ont permis à l'économie allemande de se redresser. Et que donc, si elle veut s'en sortir, la France doit à son tour suivre ce chemin. Il s'agit pourtant d'une croyance erronée et dangereuse.

samedi 4 octobre 2014

Joseph Stiglitz : «Matteo Renzi et François Hollande ont encore les mains liées face à Berlin»

ENTRETIEN | PIERRE DE GASQUET  | LE 24/09 À 18:50 |

Etes-vous surpris par l’ampleur de la stagnation en Europe et la récession en Italie ?

Non. Je ne suis pas du tout surpris par cette «triple dip» recession (double rechute) qui s’installe dans une partie de l’Europe. C’est le résultat logique de politiques inadaptées et de structures défaillantes de la zone euro. C’était prévisible car les projections de la BCE et du FMI étaient excessivement optimistes. On oublie d’ailleurs qu’elle a commencé avant la crise ukrainienne. Et les problèmes avec la Russie risquent encore de l’exacerber.

vendredi 15 août 2014

Le retour du risque de "déflation"

Par Bertrand Rothé | 6 Août 2014 |

Tout le monde avait oublié le risque de déflation. Les manuels d’économie y font rarement mention. Certains parlent de baisse générale des prix, très peu font référence à son corollaire la hausse générale de la valeur de la monnaie.

Un nouveau concept économique vient de faire son apparition dans le discours du gouvernement. Pour Manuel Valls « le risque de déflation est réelle ». Hollande remet le couvert dans le JDD : «Il y a un vrai risque déflationniste en Europe : en France, l'inflation n'a jamais été aussi basse", constate-t-il avant d'appeler l'Allemagne à agir pour la croissance  ».

Mais « déflation » qu’es aquò ? 

jeudi 14 août 2014

J.C. Werrebrouck : "Une crise de surproduction mondiale"

Propos recueillis par Rémy Brisson | 4 décembre 2013 |

Jean-Claude Werrebrouck revient ici sur la pensée dominante selon laquelle nous serions confrontés à une crise de l’offre, et non de la demande. Or si la déflation salariale améliore la compétitivité-prix d’un pays (souvent confondue avec la productivité), elle aboutit aussi, en comprimant la demande, à restreindre non seulement la consommation interne mais aussi les débouchés à l’export des pays concurrents. Appliquer à tous une politique mercantiliste à l’allemande ou à la chinoise est une aberration : tout le monde ne peut exporter plus qu’il n’achète… Une analyse que j’avais développée naguère dans le blog, sous le titre : "Zone euro : tous exportateurs !" OD

Le regain de compétitivité des pays d’Europe du sud provient-il exclusivement des politiques d’austérité menées par les gouvernements ou faut-il y voir également des gains de productivité ?

J.-C. Werrebrouck : Cela provient effectivement, essentiellement, de la baisse des salaires. Je pense que l’on confond beaucoup productivité et compétitivité. Il faut savoir que la compétitivité peut être obtenue par des gains de productivité, ou simplement par une baisse du coût du travail.
Avec une hausse de la productivité, le « gâteau économique » devient plus grand, pour des investissements en capital et en travail identiques. Cette part supplémentaire peut être utilisée pour baisser les prix de la marchandise produite, pour accroître les profits ou pour augmenter les salaires.

Le « socialisme de l'offre », ou la politique de la déflation

Par David Cayla  | 20 Décembre 2013 | 

Il y a un an, François Hollande annonçait une nouvelle politique économique : "le socialisme de l'offre". Derrière cette formule creuse se cache en réalité une stratégie suicidaire pour la France. Car la politique de l'offre menée dans un contexte européen de croissance "poussive", n'a aucune chance d'améliorer la situation de l'emploi et des entreprises.

L’Europe proche de la spirale déflationniste

Par Kevin Boucaud | 13 Août, 2014 |

Une crise va-t-elle en chasser une autre ? Alors qu’elle ne s’est toujours pas remise de la déflagration de 2008 – la crise financière étant devenue une crise sur les dettes des États –, l’Europe est hantée par un nouveau spectre : la déflation. L’Insee doit donner sa première estimation de la croissance du deuxième trimestre ce jeudi et tout annonce une déception : le retournement espéré par le gouvernement devrait laisser place à un ralentissement, voire à un nouveau repli. De nombreux signaux vont dans ce sens : la demande et l’investissement sont en berne et la production industrielle s’est contractée de 0,5 % au cours des trois derniers mois. La Banque de France a ainsi révisé à la baisse ses prévisions la semaine dernière, tablant sur une croissance trimestrielle de 0,2 %. Voilà de quoi contrarier le président de la République, François Hollande, qui soufflait, hier, ses soixante bougies.

Politique économique : le changement, ça doit être maintenant

Par Guillaume Duval  | 14.08.2014 |

L'Europe, menacée par la déflation, retombe dans la stagnation. Il faut d'urgence arrêter la course au moins disant social et l'austérité budgétaire excessive qui plombent la demande intérieure en France et en Europe. Et c'est possible. Explication en six points.

lundi 11 août 2014

Le gouvernement tétanisé par le scénario noir de la rentrée

PAR MARTINE ORANGE | 10 AOÛT 2014 

La rentrée s’annonce sous de sombres auspices pour le gouvernement. Selon les prévisions du Trésor, toute l’Europe, y compris l’Allemagne, est prise dans une spirale déflationniste. Tous les espoirs de retrouver la croissance, d’endiguer le chômage, de redresser les comptes publics risquent d’être réduits à néant. Montebourg milite pour un changement de politique. Valls hésite et Hollande ne dit rien.  

Déflation. François Hollande a lâché le mot. « Il y a un vrai risque déflationniste en Europe. En France, l’inflation n’a jamais été aussi basse », déclare-t-il le 3 août au Monde. En marge d’un entretien sur les relations avec l’Allemagne au moment du centenaire de la Première Guerre mondiale, le président de la République n’a pu s’empêcher de s’attarder longuement sur les risques encourus dans la zone euro. Comme si, après avoir découvert les sombres prévisions économiques lors du séminaire gouvernemental du 1er août, il estimait urgent de préparer l’opinion publique à une rentrée difficile. Comme s’il lui fallait prendre tout de suite à témoin les Français pour leur annoncer que le sol se dérobait sous ses pieds.