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jeudi 10 décembre 2015

Il n’y a pas de vague Bleu Marine, par Frédéric Gilli

TRIBUNE publiée dans Le Monde.fr | par Frédéric Gilli (Chercheur à Sciences Po, directeur associé de l’agence Campana Eleb Sablic | 10/12/2015

Depuis dimanche, éditorialistes et élus se livrent à toutes les analyses sur la progression du Front national (FN), multiplient les interviews d’électeurs frontistes et cherchent ce qui, de la crise des migrants aux attentats, a pu précipiter la France dans les bras du nationalisme réactionnaire. Ce pays que tout le monde considérait comme le phare des libertés il y a à peine un mois, le voilà devenu quasi fachiste : rendez-vous compte, plus d’un Français sur quatre ! Sauf que cette analyse est grossièrement inexacte. Faute de prendre son temps pour lire les résultats autrement qu’au travers de la loupe rapide des trois listes annoncées en tête entre 20 heures et 20 h 30 à la télévision, on multiplie les erreurs d’analyse et on alimente les fantasmes.

jeudi 19 février 2015

Communiqué du C6R

Le présidentialisme ronge le système politique français et gangrène ses institutions. François Hollande avait avancé, lors de sa campagne une série de propositions allant dans le bon sens pour au moins le modérer. C’est le contraire qui s’est produit depuis que le Parti socialiste est au pouvoir. Une ultime démonstration de son aveuglement vient d’être donné avec le recours à cette disposition (le 49.3), honnie par la gauche et depuis toujours. Ce dont convenait Manuel Valls devant le Conseil National du Parti Socialiste le 14 juin dernier : « la tradition de la V° République, de la majorité parlementaire automatique sous menace du 49-3 n’a jamais fait partie de notre culture». Et c’est François Hollande qui prononçait en 2006 une condamnation de la même procédure : « une brutalité, un déni de démocratie ». Comment ne pas voir que cette dévaluation de la parole politique la plus élémentaire nourrit le rejet de la politique tout entière par un nombre grandissant de citoyens ?. Elle n’est que l’aboutissement de renoncements successifs à réformer quoi que ce soit dans un régime méprisant le moindre équilibre des pouvoirs jusqu’à confisquer le vote de la loi par le Parlement. Changer de République est un devoir plus que jamais d’actualité.

Le Conseil d’Administration
Convention pour la 6° République (C6R)
Le 18 février 2015