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jeudi 11 juin 2015

Bonapartisme ou Constituante

C’est devenu une évidence : le fossé se creuse entre les citoyens et leurs représentants. La « crise de la démocratie » traduit un changement de modèle politique. Adopté en violation de la volonté exprimée par les électeurs le 29 mai 2005, le traité de Lisbonne a signalé la tentation autoritaire d’une partie des élites. L’élection d’une Assemblée constituante en France permettrait-elle de la juguler ?

Par André Bellon, avril 2014

Le rejet du traité constitutionnel européen (TCE), le 29 mai 2005, restera un tournant dans l’histoire de France. Une légitimité démocratique a tenté de s’affirmer. Elle a été bafouée. Depuis, et de façon sporadique, des révoltes émergent sans cohérence apparente, mais dans une volonté commune de rejet des pouvoirs en place (grandes manifestations, « bonnets rouges »...) (1). Sont-elles les signes avant-coureurs d’une violence plus générale, d’une profonde crise de régime ?

samedi 13 septembre 2014

Ne ratons pas l'occasion d'œuvrer dans le sens d'une république vraiment démocratique

La position d'Henri Chazelle, membre du Conseil national pour la Motion 4

Il y a un moment où il faut savoir ce que l'on veut, et nous y sommes.
Le temps n'est plus à la tergiversation. Il y va de notre crédibilité, de notre honneur, de notre avenir et surtout de celui du pays.

Pour ma part, si j'étais député, je refuserais ma confiance au gouvernement.

Certains députés peuvent craindre qu'au cas où ils ne voteraient pas la confiance, ils ne puissent plus avoir l'investiture du parti au prochaines élections.
Mais à quoi leur servira cette investiture si la bataille est perdue d'avance comme elle le sera si l'on ne met pas le cap à gauche ?

mercredi 26 mars 2014

Le vote FN ou la peur du déclassement

Le Front National assure gagner les votes des personnes les plus précaires, abandonnées par les gouvernements successifs. En fait, une large partie de son électorat est moins précaire qu’apeurée de le devenir. Un de ses terreaux les plus fertiles est la peur du déclassement.

Pour aller plus loin, ne manquez pas Pourquoi ils votent FN, article d'Altenative Économique dans lequel vous affinerez votre connaissance d'un électorat très hétérogène. 

dimanche 23 mars 2014

Le vote sans la démocratie (et inversement)


Plusieurs livres interrogent le rituel du vote, pour le démonter ou l’historiciser. Là où David Graeber et David Van Reybrouck cherchent à penser une démocratie au-delà du vote, l’historien Olivier Christin se consacre aux pratiques électives d’avant le suffrage universel.

Deux auteurs stimulants, le Flamand David Van Reybrouck, qui avait signé Congo, une histoire, et l’Américain David Graeber, qui a publié Dette, 5 000 ans d’histoire(voir nos articles ici et ) s’intéressent, dans deux livres plus mineurs que leurs précédents, aux limites des processus électoraux.

Le premier signe aux éditions Actes Sud un ouvrage au titre choc, Contre les élections. Il part de son expérience belge et de l’absence de gouvernement de ce pays pendant un an et demi, dont il estime qu’elle est la manifestation du caractère primitif et obsolète des processus électoraux, pour valoriser d’autres formes de représentation et de désignation du pouvoir législatif, en particulier le tirage au sort. Avec sa plume toujours alerte et sa puissance descriptive, David Van Reybrouck reprend surtout à son compte des élaborations théoriques ou des pratiques expérimentées ici ou là.

vendredi 21 mars 2014

Troïka : conclusions et recommandations du Parlement

SESSION PLÉNIÈRE Communiqué de presse 13-03-2014
Affaires économiques et monétaires / Politique de l'emploi  

La "Troika" (Commission, BCE, FMI) a aidé quatre pays pendant la crise et a permis d'éviter que celle-ci ne s'aggrave. Mais des faiblesses dans sa structure et ses méthodes de travail n'ont pas favorisé une adhésion au niveau national et ont mis à mal la transparence et la responsabilisation, indique un rapport d'enquête du Parlement. Dans une deuxième résolution, les députés soulignent les impacts négatifs du travail de la Troïka sur l'emploi et demandent une révision des mesures.


jeudi 20 février 2014

Partage du travail, "le facteur temps"

Par Frédéric Lutaud, membre du Bureau national du PS pour la motion 4
Discours prononcé à l’occasion du Forum européen « Partage du travail maintenant ! » qui se déroulait le 19 Novembre à Strasbourg.

Cher(e)s camarades, cher(e)s ami(e)s,

Si nous sommes venus débattre aujourd'hui, c'est parce que nous savons que la diminution du temps de travail n'est pas une simple mesure économique. Elle est bien plus que ça. La diminution du temps de travail est le levier qui permettra de basculer sur un nouveau modèle de développement. Elle est le socle de toute émancipation sociale. Autrement dit, la pierre angulaire qui fonde en pratique un choix de société. Celui-ci repose sur ce que j’appellerai le facteur temps.

Le facteur temps travaille nos sociétés et se décline en 5 piliers :

Premier pilier
Du temps libéré sur le travail pour travailler tous.
Aucune sortie de crise n'est possible si nous n'apportons pas rapidement une solution au chômage de masse qui vient d’atteindre le triste record de 12,2% en Europe.
Pour cela il n'y a pas de recette miracle, de madrigal magique, juste du bon sens. Le volume d'heures travaillées a diminué d’environ 10 % depuis 1950 tandis que la croissance a augmenté  de 1000 %. Tandis que la population active à augmenté de 23 %, creusant l’encart encore un peu plus entre l’offre et la demande de travail.

dimanche 16 février 2014

Oser réveiller la gauche

Tribune libre
Par Frédéric Lutaud
membre du Bureau national du Parti socialiste pour la motion 4

La spécificité de notre motion c'est de relever les grands défis du XXIe siècle dans un monde solidaire où l’homme n’est pas esclave du travail et de la production.

La « politique de l’offre » de François Hollande a ranimé un débat que l’on croyait enterré à gauche. La baisse substantielle du « coût du travail » va t’elle créer de l’emploi et quelles contreparties exiger ? La gauche se laissera t’elle enfermer dans un débat stérile ?

10 milliards d’exonération de cotisations familiales[1] ne reconstitueront pas les marges des PME. Même en accordant les 100 milliards d’allègements de cotisations demandés par le MEDEF, on réduirait cette fois le coût de production des entreprises de 3,5 %. Soit une misère par rapport aux variations des prix de l’énergie ou du taux de change de l’euro. Quant à la surenchère dans la baisse du « coût du travail », elle ne peut que dégrader la conjoncture internationale. Nos partenaires économiques déjà frappés par la crise seront obligés de répliquer. Une fuite en avant qui prive tous les jours un peu plus l’Europe de ses débouchés en réduisant la demande intérieure. Cette politique court-termiste est largement désavouée par les travaux récents du FMI, l’OCDE et du BIT, au point de se voir qualifiée par le prix Nobel d’économie Paul Kugman, de « scandale français ». Depuis le temps que nous accordons des exonérations au patronat nous n’avons récolté que le chômage de masse.


dimanche 26 janvier 2014

François Hollande et la question démocratique

26 JANVIER 2014 |  PAR EDWY PLENEL

La rupture la plus décisive du président Hollande avec le candidat Hollande n’est pas celle que l’on croit. Qu’il ait en grande part renoncé aux promesses de ses discours électoraux sur les questions sociales, c’est une évidence qui, toutefois, reste cohérente avec ses convictions économiques, plus libérales que socialistes. En revanche, sa présidence fait le choix du pouvoir personnel, à rebours d’une nécessaire refondation démocratique de la République.

Tous ceux qui ont en mémoire la lente reconstruction de la gauche, discréditée et divisée, aux débuts de la Cinquième République, se souviennent encore de la ligne de partage tracée par celui qui finira par l’incarner, François Mitterrand : « Entre de Gaulle et les républicains il y a d’abord, il y aura toujours le coup d’État. » Faudra-t-il ajouter, cinquante ans précisément après cette mise en garde du Coup d’État permanent (Plon, 1964), ce post-scriptum : « Entre Hollande et les démocrates, il y a désormais le pouvoir personnel » ?