C’est devenu une évidence : le fossé se creuse entre les citoyens
et leurs représentants. La « crise de la démocratie » traduit un
changement de modèle politique. Adopté en violation de la volonté exprimée par
les électeurs le 29 mai 2005, le traité de Lisbonne a signalé la
tentation autoritaire d’une partie des élites. L’élection d’une Assemblée
constituante en France permettrait-elle de la juguler ?
Par André Bellon, avril 2014
Le rejet du traité constitutionnel européen (TCE), le
29 mai 2005, restera un tournant dans l’histoire de France. Une
légitimité démocratique a tenté de s’affirmer. Elle a été bafouée. Depuis, et de
façon sporadique, des révoltes émergent sans cohérence apparente, mais dans une
volonté commune de rejet des pouvoirs en place (grandes manifestations, « bonnets
rouges »...) (1).
Sont-elles les signes avant-coureurs d’une violence plus générale, d’une
profonde crise de régime ?







