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lundi 29 mai 2017

Kaushik Basu: «Pour sauver la mondialisation, il faut passer du partage de la pauvreté à celui des profits»


26 MAI 2017 PAR ROMARIC GODIN

Kaushik Basu, ancien économiste en chef de la Banque mondiale de 2012 à 2016, est un critique de l’économie libérale classique. De passage à Paris, il donne sa vision de l’économie, de la nécessité de la coopération et de l’importance de changer de logique pour la mondialisation.

mardi 11 avril 2017

Un pavé lancé contre la grande régression


Manifestation pour l'avortement en Pologne en octobre 2016. Photo Kacper Pempel. Reuters



Par Sonya Faure | 9 avril 2017

Traduit en quatorze langues pour une publication quasi simultanée dans autant de pays, le livre «l’Age de la régression» réunit quinze des plus grands intellectuels de gauche. Face à la montée des populismes autoritaires, ils souhaitent opposer un débat transnational sur les dégâts du néolibéralisme et les moyens d’en sortir.

jeudi 27 octobre 2016

Peter Wagner : «La crise est un appel à la réflexion collective et au progrès»

Par Elodie Boissard | 25 octobre 2016

De la crise migratoire au changement climatique en passant par la lutte contre les inégalités et les discriminations, nombreux sont les fronts sur lesquels l’enlisement nous guette. Pour avancer, le sociologue allemand renouvelle l’idée du progrès : agir collectivement, sur la base d’une véritable démocratie.

dimanche 29 novembre 2015

État d’urgence : quoi de neuf sous le ciel de la “sociale démocratie” ?












Par Frédéric Lutaud

La population commence à reprendre ses esprits. Après l’émotion suscitée par les attentats du 13 Novembre, une autre musique arrive à se faire entendre autre que celle des belligérants revanchards et sécuritaires. Le terrorisme djihadiste ne serait pas le simple produit d’un islam même « radical », alimenté par un État islamiste en guerre contre notre mode de vie occidental. Les principaux spécialistes de la question sont unanimes : les djihadistes lisent peu ou pas le Coran. « Aucun de ceux qui sont intervenus sur le sol français ne sont passés par une formation théologique de fond ou par une intensification progressive de la pratique religieuse ». La religion n’est qu’un prétexte à leur radicalisation. La plupart ne sont pas d’origine musulmane, mais issus d’une « jeunesse déclassée qui se sent rejetée, marginalisée, victimisée ». Une génération en rupture de ban prête à déverser la haine que lui inspire l’humiliation d’une vie précaire et sans avenir. La question sociale resurgit soudain sur le devant de la scène.

jeudi 2 octobre 2014

Pour bien comprendre le monde d'aujourd'hui

Par JC Werrebrouck / 1 octobre 2014

Résumé                
Le présent texte propose un principe d'explication du monde. A partir de postulats simples, il permet de comprendre et de resituer les grands évènements qui semblent mobiliser l'actualité : l'économie comme puissance hégémonique, la décomposition/recomposition des Etats dans la mondialisation, la crise du politique, l'étiolement de la démocratie représentative au profit d'une oligarchie politico-financière, l'individualisme radical, l'effacement progressif des droits sociaux dans les anciens pays développés, etc.
Autant de faits constatés à la "surface des choses", mais faits qu'il convient de relier dans un système global d'explications. Comme tout modèle, il  doit être confronté à la réalité. Aux lecteurs de s'y livrer.
                         
Le monde dit post-moderne semble s'annoncer sous l'étendard du marché généralisé et de la démocratie représentative. Pour l'essentiel, il comprend 3 catégories d’acteurs : le groupe des entrepreneurs politiques, celui des entrepreneurs économiques et celui des citoyens/ salariés/ consommateurs/ épargnants ( « CSCE »).

jeudi 14 août 2014

Steve Keen - L'Imposture économique - un évènement à ne pas rater

Un événement à ne pas rater. La venue de Steve Keen en France, à l’occasion du lancement de son livre L’imposture économique en librairie à partir du 9 octobre 2014.

CONFÉRENCE-DÉBAT PUBLIC avec Steve KEEN et Gaël Giraud
Mercredi 08 Octobre – 19H00-21H30 

Centre Sèvres, 35 bis rue de Sèvres 75006 PARIS 
Salle de l’auditorium et salle 4

SÉMINAIRE DE RECHERCHE avec Steve KEEN et Gaël Giraud

Vendredi 10 Octobre de 19H à 21H30
Maison des Sciences Economiques de Paris, 106 – 112 Boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris

TABLE RONDE « Les rebelles de la théorie économique » avec Steve KEEN, Gaël Giraud et deux autres intervenants. 
Débat organisé par Le Monde

Samedi 11 Octobre 2014 à 18h.

L’économie aux Rendez-vous de l’histoire à BLOIS (Maison de la magie)

dimanche 18 mai 2014

Genèses du néolibéralisme

Contribution à une analyse sociologique du cas français
Par Frédéric Lebaron

- Extraits -

Un texte inédit du sociologue Frédéric Lebaron, proche de Pierre Bourdieu, qui décrypte de manière éclairante l’histoire du succès des idées néolibérales parmi les élites en France, à droite et surtout à gauche…


La contre-« révolution keynésienne » […] Le développement du marché des idées (du marché)[…] Crises et interventions des « money doctors » […] La disqualification du socialisme (communisme, marxisme, totalitarisme) […] Le cas français : une illustration exemplaire ?

Ce modèle résume brièvement quatre séries de conditions sociales de la révolution néolibérale comme restauration intellectuelle. Pour comprendre l’articulation chaque fois spécifique entre ces séries causales indépendantes, il est nécessaire de le confronter à des cas historiques nationaux. On peut ainsi trouver une illustration particulièrement nette de ce modèle dans le cas français, au début des années 1980, lors du changement de politique économique du gouvernement d’union de la gauche. Cette illustration fait apparaître le rôle des médias comme l’un des lieux décisifs dans l’articulation et la synchronisation des enjeux : ce n’est pas dans un « coup d’État » ni même dans une rupture politique que s’accomplit véritablement la révolution néolibérale mais dans la mise en scène dramatisée Après une politique de relance « keynésienne » qui butte sur une dégradation du déficit commercial et des finances publiques, François Mitterrand et le gouvernement Mauroy, refusant une nouvelle dévaluation et la sortie du système monétaire européen prônée par une partie des responsables politiques de l’époque (Beaud, 1983 ; Lipietz, 1984 ; Attali, 1993), s’orientent vers une politique dite « de rigueur » dans le domaine salarial, monétaire et budgétaire, puis entreprennent une série de réformes de « modernisation » conduisant l’État à se désengager d’un certain nombre de secteurs industriels jugés irrémédiablement dépassés, au nom des nécessités de la compétition internationale (Smith, 1995). Ce changement a été décrit par certains de ses acteurs et de ses commentateurs comme une conversion  collective à la « réalité économique » marquant la naissance d’un nouveau « consensus » social. Pourtant, il ne se réduit pas à une série de mesures pratiques dictées par une prétendue « nécessité », qui se seraient imposées en quelque sorte naturellement. C’est précisément le changement des croyances économiques dominantes - dans lequel la dévaluation du capital symbolique associé aux pratiques et aux institutions « keynésiennes » a joué un rôle crucial– qui a modifié la définition de la « nécessité économique » et des pratiques légitimes en ce domaine.

mercredi 5 mars 2014

D'autres politiques économiques sont possibles. Entrez dans le débat citoyen avec les économistes « Atterrés »

Le cycle de rencontres mensuelles des économistes « Atterrés » se poursuit :

Après la conférence du 13 février, http://atterres.org/vid%C3%A9o/comment-refonder-lentreprise

· 19 mars, 20h, Université Paris1-Sorbonne : Quelle fiscalité ?avec Gérard Gourguechon, Xavier Harel, Philippe Légé et Henri Sterdyniak. Voir notre annonce en ligne http://atterres.org/conf%C3%A9rence/quelle-fiscalit%C3%A9

· 10 avril : Écologie et plein emploi, est-ce compatible ? avec notamment Philippe Quirion, Directeur de recherche au CNRS - CIRED (Centre International de Recherche sur l'Environnement et le Développement), auteur de nombreux articles en économie de l'environnement.


samedi 1 mars 2014

Crise du capitalisme : André Gorz avait tout compris


Cinq ans après la mort de ce grand penseur de l’écologie politique, il est temps de réaliser qu'il avait prévu les crises que nous traversons, et peut nous aider à en sortir.

Penser la sortie du capitalisme avec André Gorz

Il y a cinq ans, le lundi 24 septembre 2007, une dépêche de l’AFP annonçait en fin d’après-midi que le philosophe André Gorz s’était suicidé en compagnie de sa femme. La nouvelle était presque passée inaperçue, même si le suicide d’un couple «main dans la main» n’est pas chose banale. Ce qui l’était encore moins, c’est qu’André Gorz avait eu la délicatesse de laisser entrevoir cette issue à ses lecteurs un an auparavant. 

«Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l’autre», écrivait-il à l’automne 2006 dans «Lettre à D.» (éd. Galilée), cette longue et poignante lettre d’amour où Gorz disait toute sa reconnaissance à celle qui vivait à ses côtés depuis près de soixante ans. L’expression publique d’une telle gratitude d’un homme pour sa femme est suffisamment rare pour être une fois encore soulignée. On ne peut lire ce texte sans en être bouleversé. Il révélait aussi à cette occasion leur itinéraire et leur histoire peu ordinaires. Deux êtres déchirés et déracinés que les «blessures originaires» allaient conduire à s’unir jusque dans la mort. Sans elle, disait-il, il n’aurait pas pu assumer sa propre existence. Sans elle, le philosophe et le théoricien de la critique sociale qu’il fût n’aurait jamais produit son œuvre.

mercredi 26 février 2014

Les entreprises ne créent pas l’emploi


Il faut avoir sérieusement forcé sur les boissons fermentées, et se trouver victime de leur propension à faire paraître toutes les routes sinueuses, pour voir, comme s’y emploie le commentariat quasi-unanime, un tournant néolibéral dans les annonces récentes de François Hollande [1]. Sans porter trop hauts les standards de la sobriété, la vérité appelle plutôt une de ces formulations dont Jean-Pierre Raffarin nous avait enchantés en son temps : la route est droite et la pente est forte — mais très descendante (et les freins viennent de lâcher).

Entreprise, mon amour ?

En effet, droit, c’est droit ! Et depuis l’origine. Evidemment, pour s’en apercevoir, il aurait fallu prêter un peu plus attention aux six premiers mois de la présidence Hollande, où tout a été posé pour cinq ans, et les actes et la logique des actes.

mercredi 5 février 2014

Pire que l’autre, la nouvelle science économique

Longtemps, les économistes classiques ont élaboré leurs modèles comme si les humains étaient des machines à calculer. Echec. Nourrie de psychologie, l’économie dite comportementale étudie donc nos réactions et nos décisions afin de les anticiper. Et de les influencer par des incitations subtiles. Il suffirait en effet d’un simple coup de pouce pour remettre travailleurs et consommateurs sur le droit chemin.


La théorie économique dominante, dite « néoclassique », vit des jours difficiles. Non seulement les liens incestueux de ses spécialistes avec les institutions financières sont révélés (1), mais leur responsabilité dans la dernière crise éclate au grand jour. L’autorégulation se justifiait, avaient coutume d’expliquer les maîtres incontestés de la discipline, par la parfaite efficience des marchés, elle-même découlant de la rationalité sans faille des agents. Un conte pour enfants sages mis à mal par la crise financière.

L’invalidation spectaculaire de la doctrine dominante ne fait cependant pas que des malheureux dans la profession. Certains courants alternatifs, au passif prétendument moins chargé, se frottent les mains. L’un d’eux semble particulièrement bien placé pour devenir la nouvelle doctrine dominante : la behavioral economics (BE), ou économie comportementale.