mercredi 6 avril 2016

Néolibéralisme et démantèlement des activités dans la sphère publique - Illustration

PAR HENRI CHAZELLE

Comment la logique néolibérale du tout marchand se moque de l'intérêt général, de celui des usagers, de leur sécurité, de l'écologie, de l'aménagement du territoire et conduit à des solutions absurdes : faire faire plus de 1000 km à un usager pour relier deux villes alors qu'une ligne de 400 km permet de le faire ! Comment de telles absurdités conduisent à démanteler un réseau ferroviaire.

Le discours néolibéral affirme que tout ce qui est géré par la puissance public l'est forcément mal, et pour cela doit être transféré au domaine marchand ou disparaître.
Mais la vraie raison, non proclamée, est que les forces économiques dominantes ne sont intéressées que par ce qui est potentiellement générateur de profit. Elles souhaitent alors se l'approprier (privatisations). Le reste, financé par la fiscalité qui diminue leurs profits, doit disparaître, qu'il ait ou non une utilité sociale.

mardi 15 mars 2016

Misère partout, justice nulle part

PAR MICHAËL HAJDENBERG | 15 MARS 2016 

La justice manque de tout : d'effectifs, de place, de stylos bleus, de temps… Une telle pauvreté rend impossible le quotidien des magistrats. Mais elle a également des répercussions concrètes sur la vie des justiciables. Six magistrats racontent comment l'indigence engendre l'injustice.

samedi 5 mars 2016

Ménage à gauche, ou l’éventualité d’une primaire


La situation politique critique que traverse la gauche n’est pas sans vertu pour l’avenir, c’est ce dont j’aimerai convaincre dans ce billet. Au milieu du chaos idéologique que suscitent la déchéance de nationalité, la déchéance des droits sociaux (autrement dit la loi El Khomri sur la réforme du code du travail) et la défiance généralisée vis-à-vis de partis politiques, il y a malgré tout quelques raisons d’espérer.

mercredi 24 février 2016

L'oligarchie dans la France de François Hollande

"La violence de classe ne peut s'exercer sans la complicité et la collaboration du personnel politique au pouvoir"
Enquête de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot - La violence des riches, 2013

mardi 23 février 2016

De l’usage du rapport Badinter dans la réforme du code du travail

PAR PAUL ALLIÈS 23 FÉVR. 2016

Il y a un mois, la publication du « rapport Badinter » a surpris par son apparente inefficience. Il s’éclaire autrement au vu de la forme et du fond de la réforme du droit du travail voulue par le gouvernement.

vendredi 19 février 2016

Le djihadisme est devenu un instrument de revanche sociale

Par Bernard Rougier, politologue | 15.02.2016

Avec la première intervention américaine en Afghanistan, le « djihadisme stratégique », porté par une organisation nomade, Al-Qaida, hébergée par les talibans mais dépourvue d’enracinement ­solide dans le tissu social local, disparaît progressivement. Cependant, la seconde intervention américaine dans le « Grand Moyen-Orient », l’occupation de l’Irak de 2003 à 2010, a facilité, quant à elle, l’expansion d’un nouveau phénomène terroriste, le « djihadisme social ».

Franck Lepage : « L’école fabrique des travailleurs adaptables et non des esprits critiques »

Ancien directeur du développement culturel à la Fédération française des maisons des jeunes et de la culture, auteur des conférences gesticulées « Inculture(s) 1 — L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu (une autre histoire de la culture) » et « Inculture(s) 2 — Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres (une autre histoire de l’éducation) », cofondateur de la coopérative d’éducation populaire Le Pavé et de l’association l’Ardeur, militant se refusant artiste, décrit comme un « Desproges bourdieusien¹ », Lepage affirme que « la démocratie ne tombe pas du ciel, elle s’apprend et s’enseigne » et que « pour être durable, elle doit être choisie : il faut donc que chacun puisse y réfléchir ». Il défend qu’il « incombe à la République d’ajouter un volet à l’instruction publique : une éducation politique des jeunes adultes² ». Dans l'une de ses conférences, il explique à travers son propre parcours et ce qu’il appelle « son échec d’ascension sociale » comment le système éducatif français actuel favorise la reproduction des inégalités de classe et comment son regard sur l’éducation a été profondément influencé par ses études à feu l’Université expérimentale de Vincennes, dans les années 1970. Entretien, quelque part en Guadeloupe.

mardi 16 février 2016

Les YouTubeurs de gauche mènent la contre-attaque

La vidéo d'USUL sur l'économiste Bernard Friot 
Erwan Desplanques | 15/02/2016

Alors que Jean-Luc Mélenchon lance son émission sur YouTube, plusieurs jeunes de gauche ripolinent le discours critique sur Internet sous le nom d'Osons causer ou Usul. La force de ces youtubeurs marxistes ? Leur capital sympathie !

jeudi 11 février 2016

Après Cologne : "Nous voyons en Europe les signes précurseurs de la montée de l'extrême droite intégriste"

ENTRETIEN avec Marieme Helie Lucas par Juliette Bénabent | 08/02/2016.

Après Cologne, la sociologue algérienne Marieme Helie Lucas prévient : les agressions contre les femmes traduisent la montée d'un intégrisme musulman, qui n'est rien d'autre qu'une nouvelle forme d'extrême droite.

mardi 9 février 2016

Que reste-t-il des utopies du Net ?

Par Amaelle Guiton | 9 février 2016

En 1996, l'essayiste américain John Perry Barlow publiait sa «Déclaration d’indépendance du cyberespace», devenue emblématique des cyberutopies libertaires. Vingt ans après, Etats et entreprises ont repris la main, mais l'imaginaire de réinvention sociale n'a pas disparu.

mercredi 3 février 2016

Anti-dreyfusards, va-t-en-guerre, pétainistes, colonialistes : les socialistes sont restés fidèles à leur histoire

Par Shlomo Sand | Publié le 29-01-2016 | L’attitude du gouvernement vis-à-vis des immigrés s’inscrit dans "une tradition socialiste" de fourvoiement en période de crise politique et morale.

L’attitude actuelle des socialistes, à la tête de l’Etat, du gouvernement et du parti, vis-à-vis des principes républicains, de l’immigration, et de l’«autre» pas tout à fait français, a de quoi susciter l’étonnement. La gauche politique n’est-elle pas porteuse de valeurs humanistes ? Des dirigeants comme François Hollande et Manuel Valls ne trahissent-ils pas une longue tradition de combats en faveur de la justice et des droits humains ?

mercredi 6 janvier 2016

En Grande-Bretagne, les grands patrons ont gagné un salaire moyen en moins de 24 heures

Par Eric Albert (Londres, correspondance) | LE MONDE ECONOMIE | 06.01.2016
Vingt-deux heures de travail peuvent rapporter gros outre-Manche. Mardi 5 janvier en fin de journée, moins de deux jours après leur retour au bureau, les grands patrons britanniques avaient ainsi gagné un salaire équivalent au revenu moyen annuel de leurs concitoyens.

jeudi 24 décembre 2015

France : le taux de pauvreté recommence à augmenter


Par latribune.fr | 23/12/2015

Le rapport entre le niveau de vie des dix pour cent les plus aisés et des dix pour cent les plus modestes resterait toutefois stable à 3,5. (Crédits : reuters.com)Plus de 14% des Français vivent désormais sous le seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 1.002 euros par mois. Les politiques en faveur des ménages modestes n'ont pas réussi à compenser le ralentissement de la croissance.

samedi 12 décembre 2015

Jacques Rancière : "L'élection, ce n'est pas la démocratie"

ENTRETIEN de Jacques Rancière par Éric Aeschimann | Le philosophe a été l'élève de Louis Althusser. Spécialiste de la démocratie, il est l'auteur d'essais mondialement connus: «le Philosophe et ses pauvres» (Champs-Flammarion, 1983), «la Haine de la démocratie» (La Fabrique, 2005) et «le Spectateur émancipé» (2008). Pour lui, c'est la professionnalisation de la politique qui nourrit le sentiment d'exclusion. Afin d'en sortir, il faudrait instaurer de nouvelles règles de représentation, notamment le mandat limité et le tirage au sort.

jeudi 10 décembre 2015

Il n’y a pas de vague Bleu Marine, par Frédéric Gilli

TRIBUNE publiée dans Le Monde.fr | par Frédéric Gilli (Chercheur à Sciences Po, directeur associé de l’agence Campana Eleb Sablic | 10/12/2015

Depuis dimanche, éditorialistes et élus se livrent à toutes les analyses sur la progression du Front national (FN), multiplient les interviews d’électeurs frontistes et cherchent ce qui, de la crise des migrants aux attentats, a pu précipiter la France dans les bras du nationalisme réactionnaire. Ce pays que tout le monde considérait comme le phare des libertés il y a à peine un mois, le voilà devenu quasi fachiste : rendez-vous compte, plus d’un Français sur quatre ! Sauf que cette analyse est grossièrement inexacte. Faute de prendre son temps pour lire les résultats autrement qu’au travers de la loupe rapide des trois listes annoncées en tête entre 20 heures et 20 h 30 à la télévision, on multiplie les erreurs d’analyse et on alimente les fantasmes.

lundi 7 décembre 2015

La politique du désastre

Par Frédéric Lutaud

Voilà, nous y sommes. Le Front national est en mesure de diriger plusieurs régions de France. La peste brune est à nos portes. Je ne parle pas des milliers de Français qui ont voté FN par protestation mais de ceux qui demain vont siéger en nombre dans les Conseils régionaux. Quoi qu’il advienne au deuxième tour, c’est un jour sombre pour la gauche et tous ceux qui croient dans le progrès social. C’est la défaite de la pensée et la responsabilité en revient principalement au Parti socialiste. Ce Parti socialiste dont je fus membre du Bureau national pendant trois ans et où, avec mes camarades, nous n’avons cessé d’alerter la direction sur la politique irresponsable du gouvernement, de combattre la dérive libérale ahurissante incarnée par Valls et Macron. Mais rien à faire ! Ce que tout le monde pouvait prévoir après trois débâcles électorales, les patrons de Solférino ont préféré l’ignorer. Il fallait les entendre : « les Français ne comprennent pas la politique du gouvernement, il faut leur expliquer, c’est un problème de communication, pas un problème d’orientation politique ». Ils ont ainsi précipité le mouvement par lâcheté, par complaisance servile vis-à-vis du pouvoir, par aveuglement suicidaire avec prime à l’incompétence, mais surtout par démission devant tout ce qui représente un idéal de gauche. Avec, bien sûr, ce mépris condescendant que peuvent témoigner ceux qui sont en fonction tandis que vous n’êtes que dans l’opposition. Vous ne faites pas partie du sérail, vous ne participez pas aux basses manœuvres électorales. C’est précisément cette politique que nous avons refusée, car c’est la politique du désastre. Les attentats du 13 Novembre ne furent qu'une occasion supplémentaire à mobiliser l'électorat frontiste.

jeudi 3 décembre 2015

Naomi Klein : “Nous n'avons pas besoin d'un miracle énergétique, nous avons besoin de démocratie”

ENTRETIEN de Naoi Klein par Weronika Zarachowicz | 02/12/2015

Malgré son scepticisme, la journaliste militante canadienne Naomi Klein participe activement à la COP21. Pour porter la parole de la société civile insiste-t-elle. Et défendre l'idée d'une écologie “globale”.

mercredi 2 décembre 2015

État d’urgence ou coercition d’ɐtat ?

Par Frédéric Lutaud

À peine remis de nos émotions du 13 Novembre, voici que de nouvelles violences s’abattent sur la population. Cette fois-ci ce ne sont plus des victimes prisent au hasard des terrasses des cafés ou dans des salles de concert mais des citoyens engagés pour la sauvegarde du climat ou des syndicalistes mobilisés pour la défense de leurs emplois. Bien sûr, les atrocités perpétrées par les terroristes sont sans commune mesure avec la répression qui s’abat sur les mouvements sociaux, mais la réponse de l’exécutif aux attentats parisiens inquiète au plus haut point.