jeudi 27 mars 2014

Emploi : 31500 chômeurs de plus en février, nouveau record

«Même si on a réussi à ralentir les choses» sur le chômage, «on ne l'a pas inversé, chacun le sait (...) c'est normal que les Français soient dans une forme de colère», avait reconnu mardi le ministre du Travail, Michel Sapin. | Philippe Huguen

Un coup de massue pour le gouvernement en plein entre-deux tours des municipales. Dévoilé ce mercredi par le ministère du Travail, le nombre de demandeurs d'emplois inscrits fin février à Pôle emploi en catégorie A (sans aucun emploi) s'est établi au niveau record de 3347700, soit 31500 (+0,9%) de plus que fin janvier 2014


Une «progression marquée», reconnaît le ministère, puisque le nombre de chômeurs n'avait augmenté «que» de 8900 le mois dernier... Sur un an, la hausse est de 4,7%.

«Même si on a réussi à ralentir les choses» sur le chômage, «on ne l'a pas inversé, chacun le sait (...) c'est normal que les Français soient dans une forme de colère», avait reconnu mardi le ministre du Travail, Michel Sapin, évoquant les résultats du premier tour en forme de désaveu pour le gouvernement.Il faut entendre ce «mécontentement vis-à-vis de la situation économique et sociale qui n'est pas aujourd'hui à la hauteur de ce que les uns et les autres peuvent espérer», a-t-il ajouté.

1700 chômeurs en plus chez les jeunes

En incluant les chômeurs ayant eu une petite activité ( catégories B et C), la hausse est plus modérée, avec 7900 demandeurs de plus en un mois (+0,2%) pour un total de 4937800 chômeurs en métropole. Depuis avril 2011, la hausse du chômage a été quasi continue, à l'exception des mois d'août et d'octobre 2013.

Parmi les jeunes et les seniors, les deux catégories principalement ciblées par les contrats de générations du gouvernement Ayrault, les tendances sont à la hausse. En catégorie A, on trouvait en février 1700 chômeurs de moins de 25 ans et 11100 chômeurs de plus de 50 ans qu'en janvier.

Tous les espoirs du gouvernement dans le pacte de responsabilité
Alors que l'année 2013 s'était terminée sur une hausse du nombre de demandeurs d'emploi sans activité en décembre, signant ainsi l'échec de l'inversion de la courbe du chômage longtemps martelée par François Hollande, le ministre du Travail s'était contenté en février de souhaiter «moins de chômeurs à la fin de l'année» 2014. «C'est le pacte de responsabilité qui peut faire la bascule», avait-il alors estimé. Le gouvernement mise en effet sur le pacte de responsabilité et ses 30 milliards de baisse des charges en faveur des entreprises, pour relancer la machine.

Pour la première fois depuis le début 2012, l'économie a recommencé à créer des emploisdans le secteur marchand au 4e trimestre 2013, notamment grâce à l'Intérim. Selon l'Insee, la croissance a aussi été un peu plus forte que prévu en 2013 (+0,3%), grâce notamment à un rebond de l'investissement des entreprises.

Les organismes pessimistes pour la France
Mais aucun organisme ne prédit de réelle embellie cette année. Pour l'Insee, le chômage devrait continuer à grimper pour atteindre 10,6% (11% avec les Dom) fin juin. Selon l'Unédic (assurance chômage), 63.200 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires devraient encore venir grossir les rangs des inscrits à Pôle emploi. Une croissance annuelle de 1,5% est généralement considérée comme nécessaire pour inverser la tendance en matière d'emploi. Or, selon les dernières prévisions de Bruxelles, la France, deuxième économie de la zone euro, devrait rester cette année à la traîne derrière l'Allemagne, avec 1% de croissance contre 1,8% pour sa voisine.

Indemnisation : des chômeurs manifestent à Paris 
Une quarantaine de chômeurs et précaires ont manifesté mercredi devant le siège du Parti socialiste à Paris pour protester contre les nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs, entérinées par le patronat et trois syndicats (CFDT, CFTC et FO) le week-end dernier. Cet accord instaure de nouveaux «droits rechargeables» pour les demandeurs d'emplois, un système qui leur permettra d'accumuler les droits à indemnisation en cas de reprise d'emploi, alors qu'ils en perdaient jusqu'ici une partie. Mais il durcit le régime des cadres, seniors et intermittents pour dégager 400 millions d'euros d'économies.

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