lundi 7 avril 2014

Une politique économique et sociale de gauche responsable et courageuse, maintenant !


La sévère défaite des municipales 2014 est un désaveu cinglant pour le gouvernement et la direction du Parti Socialiste qui l’a soutenu sans réserve. Faisant d’un scrutin local un moyen national d’expression, l’électorat de gauche a condamné la politique économique en place depuis 2 ans, dans laquelle il ne retrouve pas le souffle du discours du Bourget ni l’ambition des 60 propositions.

Des choix économiques contestés

Les Français n’ont pas voté en 2012 pour la politique économique de « l’offre », ni pour la baisse du « coût du travail » qui n’est que l’autre nom du dumping social. Ils n’ont pas voté non plus pour continuer une politique d’austérité qui préconise 50 milliards de coupe budgétaire. La revalorisation négligeable des minimas sociaux ne concourt pas à les rassurer, pas plus que l’allongement des cotisations retraite. D’ailleurs, la consommation des ménages recule maintenant pour le 4eme mois consécutif. Avec l’apparition de 900.000 nouveaux pauvres, la crise s’étend un peu plus tous les jours.

« L’adversaire », la finance, reste par contre bien présent et la réforme bancaire est totalement insuffisante : la séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires n’a pas eu lieu. Les évasions fiscales, légales et illégales continuent. A ce jour, la taxe sur les transactions financières au niveau européen est mise à mal. Pendant ce temps, les 500 plus grandes fortunes économiques de France ont augmenté leur patrimoine de 25% en 2013, et la somme des dividendes versés par les entreprises est deux fois et demie supérieure à celle consacrée à l’investissement. C’est pourtant là que se trouvent les marges de manœuvre financières pour une véritable politique de gauche.

Le plus grave reste l’échec de la politique de l’emploi qui n’apporte aucune solution crédible au chômage de masse. Nous sommes convaincus que les 30 milliards d’exonérations fiscales accordées aux entreprises ne permettront pas l’embauche massive suffisante pour renouer avec le plein emploi. Cette politique, face à la préoccupation n°1 des Français, est suicidaire. Elle ne peut que pousser toujours plus dans les bras du Front national une population livrée à la désespérance.

Un dialogue rompu

L’ampleur de la défaite de notre parti est révélatrice de l’incompréhension entre les citoyens, les élus locaux, les responsables du PS et les dirigeants de notre pays. François Hollande a lui-même admis n’avoir pas pris la pleine mesure de la crise économique, du chômage et de la précarité frappant huit millions de français qui ne voient aucune perspective de redressement. Notre parti s’est aussi coupé de sa base populaire.

Les membres du Bureau National de la motion 4 n’ont pourtant cessé d’alerter la direction du Parti Socialiste et d’interpeller les membres du gouvernement, leur soumettant analyses, constats et propositions. C’est donc sans surprise que nous constatons la débâcle électorale des municipales et intercommunalités, qui entraînera probablement la perte des départements, des régions et du Sénat.

Faire renaître l’espoir

Cette débâcle se reproduira lors des toutes prochaines élections Européennes. Pour l’éviter, les socialistes doivent porter un projet qui mette un terme au déficit démocratique dans une Europe hors-sol déterminant seule le niveau d’austérité de notre politique budgétaire. L’espoir ne pourra renaitre qu’avec un renforcement des pouvoirs du parlement européen et des politiques communes sur la zone euro.

Si des éléments positifs sont à retenir dans la politique menée par notre gouvernement dans les domaines de l’éducation, de la justice, du soutien des jeunes, de l'industrie et dans le domaine sociétal, il est urgent et nécessaire que la politique économique et sociale soit complètement revue.

C’est en menant une politique réaliste et ambitieuse que nous apporterons une solution à cette profonde crise systémique. Notre modèle de développement n’est pas seulement à bout de souffle, il entre en contradiction avec les enjeux de l’époque. Le chômage de masse ne pourra pas être vaincu sans partage du travail, la crise écologique ne trouvera pas d’issue sans un engagement résolu dans la transition énergétique et la mise en œuvre d’une économie circulaire. Les inégalités ne pourront être réduites sans une nouvelle répartition des richesses. Enfin, les investissements d’avenir ne pourront pas avoir lieu sans que soient « arraisonnées » la Finance et ses dérives comme l’avait promis François Hollande.

Le remaniement ne doit pas consister seulement à changer les hommes et continuer comme avant. Une politique de gauche courageuse doit être mise en œuvre maintenant.
Pour nous, les marges de manœuvre financières venant accroitre les recettes budgétaires et augmenter les possibilités d’investissements sont cruciales, pour une véritable politique de gauche (évasions fiscales, légales et illégales, taxe sur les transactions financières au niveau européen, séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires, révolution fiscale). Elles contribueront, d’une part, à cette régulation morale si indispensable de la finance et, d’autre part, permettront, à hauteur de plusieurs milliards d’euros, de lancer les investissements long terme qui créeront de l’activité économique et de l’emploi.
S’il doit y avoir une priorité absolue : C’est celle-là. C’est elle qui permettra une redistribution plus juste et plus solidaire des ressources et des richesses. 

Nous demandons donc que soient débattues d’urgence les solutions à la crise et que le Parti socialiste y prenne toute sa place en redevenant force de proposition.

Les premières signatures.

Membres du Bureau National du PS :
Patrick Ardoin, Marie Bidaud, Frédéric Lutaud

Membres et membres suppléants du Conseil National du PS :
Libia Acero-Borbon, Georges Ben Samoun, Henri Chazelle, Rémi Demersseman,  Laure Durand,  Hervé Guillaumot, Bertrand Laforge, Romain Nouar, Seti Reyes,  Thomas Petit (+délégué Europe motion 4) 

Militants engagés dans les structures du PS :
 Christian Bouchard,  Vincent Coppolani, Christophe Delgery, Marcel Ferreol, Sébastien Picaud,  Pierre-Yves SchanenJérôme Verger, Aurélie Albot

Soutien de militants engagés en dehors du PS, sympathisants de gauche :
Abdoulaye Mbengue, Sandrine Higuié

Vous pouvez vous associer à cette déclaration en nous écrivant à contact@oplpv.fr

1 commentaire:

  1. Tout à fait d'accord avec cette tribune, qui devrait d'ailleurs faire l'objet d'une pétition à faire circuler au sein du PS.
    Et tant que les dividendes ne seront pas taxés de manière particulièrement forte, la courbe des investissements ne se modifiera pas.
    Qu'attendent donc nos dirigeants pour "redresser la barre" ? Toutes les analyses montrent à quel point nous avons un déficit d'investissement dans les entreprises : ça rapporte plus de placer son argent que de l'investir !!!

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