mardi 23 août 2016

Forte hausse des dividendes en France



Par Anne Bodescot | 22/08/2016

La générosité des entreprises françaises envers leurs actionnaires s'explique, non par la croissance des profits, mais par… une conjoncture difficile.
Les entreprises françaises sont plus généreuses que l'an dernier avec leurs actionnaires. Alors qu'elles paient traditionnellement 75 % de leurs dividendes au deuxième trimestre, la société de gestion britannique Henderson a calculé que les sommes qu'elles ont versées sur cette période ont bondi de 12,4 % par rapport au deuxième trimestre 2015, pour atteindre 35,3 milliards d'euros. Cela fait de la France l'un des pays d'Europe où la croissance des dividendes a été la plus forte au dernier trimestre, après les Pays-Bas.

«Quasiment neuf sociétés sur dix parmi celles retenues pour l'étude ont maintenu ou augmenté leurs dividendes», relève le gestionnaire. Une générosité qui s'explique, non par la croissance des profits, mais par… une conjoncture difficile. «Les entreprises ont bien compris que les investisseurs, pénalisés par des taux d'intérêt très faibles, étaient friands de rendement: un bon dividende les attire plus qu'avant et est un fort soutien pour le cours de Bourse», analyse Roberto Magnatantini, responsable des actions mondiales chez Syz Asset Management. D'où la tentation de distribuer une part de plus en plus importante des bénéfices, «d'autant que dans un monde de croissance faible et de grande incertitude, les entreprises ont moins d'opportunités pour investir», relève le gestionnaire de Syz.

L'étude d'Henderson pointe ainsi les efforts des banques françaises: Société générale, BNP et Crédit agricole ont augmenté leur distribution de 50 à 70 % au dernier trimestre, par rapport au deuxième trimestre 2015. Elles poursuivent ainsi un redressement entamé après la crise financière. Même si la Société générale a réglé la majeure partie de son paiement sous forme de nouvelles actions, cette performance des banques hexagonales est assez atypique en Europe. Les banques allemandes, espagnoles et belges ont au contraire réduit la voilure. L'Allemagne réalise d'ailleurs un piètre score, avec une progression de 2 % seulement des dividendes payés par les entreprises d'avril à juin. Une mauvaise performance imputable à la Deutsche Bank, qui a annulé son dividende, mais aussi à Volkswagen, qui a réduit le sien de 98 %.

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